Jusque-là me direz-vous, rien d'extraordinaire dans cette ville où richesse et jet-set font bon ménage. Là où vous serez plus surpris, c'est quand je vous donnerais le nom des sociétés qui invitaient : Fortis et Dexia. Je sais : ça pique un peu aux yeux et vous sentez déjà la nausée vous mon-ter aux lèvres. Quoi de plus normal après tout ?
Mais la surprise ne s'arrête pas là. Il faut savoir que ce banquet entre gens biens s'est tenu alors que les deux institutions financières étaient déjà en crise et au bord du gouffre. Mais pourquoi s'affoler ?
C'est amusant, mais cette histoire ramène immanquablement à une autre. C'était en avril 1912 au large de Terre-Neuve. Le Titanic venait de toucher l'iceberg qui allait lui être fatal et la bonne société continuait à boire, manger, chanter et danser, n'ayant cure des secondes et troisièmes classes représentant bien peu à leurs yeux.
Les temps sont durs. Le pouvoir d'achat baisse, les prix augmentent, les banques coulent, les bourses s'enlisent, une partie du monde crève de faim, une autre prie pour trouver un travail décent et les autres... Les autres festoient sous les ors monégasques en pleurant leurs parachutes dorés tandis que nous n'avons-nous, que nos yeux pour pleurer. Oui, décidément, les temps sont durs !