Que sont les « grandes gueules » devenues ?
Alors que l'on s'apprête à commémorer les vingt ans de la disparition de Coluche, que Daniel Balavoine en avait fait de même en 1986 également, tout comme Thierry Le Luron d'ailleurs.
Que l'on s'est souvenu du départ, il y a 15 ans, de Gainsbourg, on en vient à se dire qu'ils sont bien peu ceux qui, comme ces artistes disparus, mettaient les pieds dans le plat et ne craignaient pas de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Et à ce jeu là, on peut dire que les deux premiers précités s'y entendaient à merveille.
Comment, ne pas citer également feu Jean-Edern Hallier, épine dans le pied continuelle de Mitterrand notamment. C'est d'ailleurs lui qui découvrit le premier l'existence de Mazarine, et coucha l'histoire dans un livre qui fut interdit à la vente sur ordre de... L'Elysée !
Aujourd'hui ce temps semble, bien révolu ! On nage dans le consensus mou. Un peu comme si les artistes n'osaient plus s'exprimer de peu d'une censure, hélas, bien sous-jacente ! Pour un Bigard, dénonçant les apprentis-sorciers de la médecine, combien d'autres préfèrent se taire de peur de ne plus pouvoir faire leur promo dans les talk-shows et autres émissions de variété ?
Même Guy Carlier, pourtant réputé pour son franc-parler, a aujourd'hui adopté un profil plus bas. C'est ainsi que l'on constate que désormais on ne peut plus dire ce que l'on veut à la télé. La radio devenant peut-être le dernier refuge pour ceux qui voudraient encore ruer dans les brancards.
Tout est aujourd'hui lissé et propre, sans fioriture. Un monde artificiel peuplé de bimbos, de chanteurs débutants déjà stars, de présentateurs plus vedettes que celles qu'elles invitent et où le look semble bien plus important que la pensée.
Et que dire de la télévision américaine ! Depuis l'affaire Janet Jackson et son téton exhibé en plein Super-Bowl à une heure de grande écoute, toutes les émissions sont diffusées avec un retard de 30 secondes, histoire de permettre aux réalisateurs de sucrer un scandale éventuel. C'est ainsi que les Oscars se déroulent à présent en léger différé et que les Rolling Stones ont eu la surprise de voir l'une de leur chanson censurée par un bip sonore lors d'une de leurs dernières prestations en direct !
Elle semble décidément bien loin l'époque des Balavoine, Gainsbourg et autres Coluche. Si ces derniers étaient encore de ce monde, gageons qu'ils seraient bien malheureux de cette situation où règnent en maître les cons sensuels et le consensuel !